16.05.2008

Au royaume des anges

Il vous reste deux jours pour non pas "liquider l'héritage de mai 68", phrase fort en vogue depuis un certain meeting à Bercy, mais pour vous précipiter au Théâtre du Rond-Point, où l'on donne demain samedi et après-demain dimanche Angels in America, la pièce culte, dans la mise en scène magnifique de Kristof Warlikowski, metteur en scène polonais régulièrement hué à l'Opéra Bastille, mais adulé, et à juste titre, au théâtre. C'est en polonais surtitré et ça dure près de six heures (entracte compris), mais il faut bien tout ce temps pour voir se nouer, dénouer, renouer les liens qui unissent tous les personnages de ce drame des années SIDA dans un décor unique qui se fait tour à tour cimetière, salon, plage, banquise, chambre, couloir d'hôpital, boutique de vêtements, dans des lumières d'une douceur folle et qu'accompagne presque en permanence une musique tout aussi discrète qu'appropriée et qui fait s'enchainer les scènes dans un tempo tranquille qui berce littéralement le spectateur. C'est violent, c'est dur, c'est fort. C'est surtout bouleversant et plein d'espoir. Et c'est merveilleux. Et c'est 10 euros pour les titutlaires de la carte Imagin'R.
J'ajoute qu'à ce type de spectacle, comme il se doit, le public est constitué quasi exclusivement de gays. Mais, à l'inverse de ceux que l'on peut trouver à l'opéra, ceux-ci sont tous jeunes et canons, ce qui ne gâche rien à la fête...

05.01.2008

A 32 euros, faut pas espérer la chambre avec vue, hein !

Yop yop les copains, demain je pars trois jours à Florence sur les traces de ces touristes du XIX° qui partaient seuls s'initier à la vie sur les routes d'Italie. Je vous rapporterai quelques pensées profondes sur le beau, promis. En attendant je vous informe seulement que je ne suis pas le seul à VOMIR Godard puisqu'il y a des gens suffisemment malveillants pour taper dans Google "vomis Godard"... Et d'autre qui précisent qu'ils veulent des photos de beaux garçons "gratuites"... Pour vous Messieurs et Mesdames, une seule adresse : radin.com !

23.10.2007

Une vie

Voila un mois jour pour jour que je suis à Turin, et je me rends compte que je ne vous ai toujours pas raconté ma vie, alors je me mets au boulot fissa, comme dit la Naud, ou de suite, comme disent les toulousains (que ceux qui me lisent ne le prennent pas mal, surtout). Pour faire plus court et moins chiant que le roman de Maupassant (non, mais j'ai eu ça au bac, à coté des Chatiments, et on me demande pourquoi j'ai pas pris la disserte...), je vais procéder dans l'ordre : travail, famille, patrie. Naaaan, j'déconne ! Plutot façon horoscope, c'est un peu plus sexy : études, santé, amour (ah, ça y est, ils n'en peuvent déjà plus et pensent qu'ils vont avoir du ragot à se mettre sous la dent... VOUS ETES NAIFS, TELLE-MENT NAIFS...).

Bon, allez, c'est parti.

ETUDES. En Italie, un cours, c'est 6 heures hebdomadaires, pas 2 tous les 15 jours, d'où ma panique en arrivant, quand diable vais-je pouvoir avancer ma thèse ? Problème résolu par la décision de ne pas chercher à l'avancer, ça évitera des nuits d'insomnie. Donc, à Turin, je suis un cours très intéressant d'histoire du scénario, avec comme terrain d'étude la Hollywood classique. La seule chose qui me gène un peu, en bon chartiste passé par les main de Jérome du temps de sa prépa, c'est qu'à aucun moment n'est posée la question de l'emploi du mot "classique" appliqué à l'industrie du cinéma des années trente et quarante. C'est un peu comme ne pas se poser la question de ce que veut dire "auteur de film" dans "Société des auteurs de films" en 1917, see what I mean... Aujourd'hui on a parlé du syndict des scénaristes, comme par hasard. Pour avoir mon compte de crédits, je suis aussi des cours d'italien pour étrangers, san grand intéret sinon celui d'etre au chaud entre 18h et 20h le mercredi et le vendredi, et de rencontrer des gens, mais pas beaucoup cela dit. Avec nous, une polonaise blonde et plantureuse complètement au taquet qui répond à toutes les question, en pose sans cesse avec un air évaporé et illuminé, un sourire jusqu'aux lèvres et en roulant de garnds yeux comme si elle avait vu la Madonne. Il faut que je trouve le moyen d'entrer en contact avec elle ("Mon frère habite en Pologne", "J'ai eu une colloc polonaise à Chicago", "Toi aussi tu es allée à Auschwitz ?"). Au passage merci frérot pour la carte de JP2, de Pologne en Italie, elle ne pouvait qu'arriver à destination... Et comme le patrimoine c'est mon dada, je fais aussi un stage mais je ne dirai pas où, sait-on jamais, je vous dirai seulement que ce n'est guère plus intéressant que les cours d'italien, que je sers de larbin, que personne ne me parle, qu'hier je suis parti après que mon ordi eut planté 3 fois, que ce matin j'ai passé mon temps sur internet (au moins leur connection passe à peu près). Bon, j'exagère un peu, hein, mais surtitrer des courts-métrages de Rohmer, c'est marrant 5 minutes, heureusement c'est pas Astrée et Céladon, là je démissionnais (quelle poilade quand meme ce film quand j'y repense...). Et puis la directrice m'a promis ce matin qu'après elle me ferait faire des choses intéressantes.

SANTE. Je mène une vie de débauche et mon état de fatigue est chronique. Rien de neuf, certes, mais bonne nouvelle, ou plutot ce qui me rassure, c'est que c'est une bonne fatigue, pas une fatigue d'insomniaque. A Rome, par exemple, ce we, je n'ai vu ni le forum, ni le Colisée, mais j'ai vu des concerts trash et me suis couché au crépuscule du matin deux jours de suite avant un retour épique en train de nuit sans couchette avec deux vieux bougons dans le compartiment... Je compense par un régime alimentaire impeccable d'équilibre : pates et pizza, légumes du marché surtout, carotte et citrouille, et comme j'ai le super masque Neutrogéna 2 en 1, j'ai un teint toujours parfait... Pas d'effet gueule de bois, donc, meme si je n'ai pas le gel douche Axe "anti hangover" (si, ça existe), et malgré les quantités d'alcool que mes colocataires me font absorber. D'ailleurs je leur ai fait des bananes flambées la semaines dernières, et j'ai conclu à leurs mine que pour s'intégrer en terre étrangère, un peu de gastronomie est tout aussi efficace qu'un test ADN (et puis ça coute moins cher, et c'est plus convivial, non ?). Et Turin dans tout ça ? Jeudi dernier il faisait soleil, mais froid, d'où vient qu'un léger brouillard embrumait la place principale, c'était superbe. Mais rare, cela dit :c 'est très joli, Turin, mais la rue piétonne et commerçante principale fait la largeur de la rue Lenepveu d'Angers... J'aime la pasta, mais les gratte ciel me manquent un peu (et alors, je ne parle meme pas des arcs en ciel).

AMOUR. J'ai dit que je ne parlais pas des arcs en ciel.

24.09.2007

L'aube, le jour, le soir, la nuit, les canaris, les fleurs dans les champs et la Ricoré (car grand-père et grand-mère sont passés pour le petit-déjeuner...)


Horreur et putréfaction : pas de réseau sans fil captable à la maison. Donc, ben je fais comme tout le monde, le cyber. Deuxième horreur et putréfaction : le retour du QWERTY !!! Mais alors un qwerty alternatif, le @ n'est pas au dessus du 2, et on peut faire des ç et des é sans trop se ralonger la vie (té la preuve : çé).

Sinon Turin c'est chouette, mais moi aussi je ne peux aimer un paysage que si je le regarde avec les personnes que j'aime*.

*N.C. dans L'aube le soir ou la nuit, livre qu'avec un titre pareil j'aurais dù me douter que c'était de la bonne grosse branlette intellectuelle (n'est-ce pas le cas, d'ailleurs, des bouquins de Yasmina Reza en général?). Wouaouh mes propos font très "bobo relaps", je vais me faire taper dessus par la branche gauchiste du parti... 

25.08.2007

Les Meteores

Alors ici, quand on declenche une alerte orages et innondations, c'est pas pour 3 grelons et 2 eclairs qui vont faire peur aux poules de la voisine pendant 20 minutes et basta. Non, ici, quand on declenche une alerte orage et innondations, c'est qu'il y a deux jours, on a eu une TORNADE ! Bon, elle n'est pas passe sur Chicago mais dans les "suburbs", mais n'empeche. Pour eux, c'est juste un gros orage alors qu'en France, JP Pernaud y aurait consacre tout son journal (jusqu'au reportage sur le dernier train des Alpes ou le dernier cochon de berger des Pyrenees).

Ce qui me fait penser qu'il faudra que je fasse une note TELEVISION, bientot, parce que la, mes amis, ca vaut le detour, mais l'orage a fait bugeur la connexion de ma coloc (de son voisin, plutot), donc bon, c'est chaud de faire ca a la bibli...

Sinon en vrac j'ai une maison a Turin (5 italiens tous amis, je partagerai la chambre d'une jeune fille qui travaille dans un centre LGBT, ca s'invente pas, et faut que ca tombe sur moi), et j'ai rencontre a Chicago un nantais qui connait mon beauf (nantais, donc) et sa troupe de theatre...

22.08.2007

AMERICAN PASTORAL

Depuis un mois maintenant que j'observe l'Amerique et les Americains, le soupcon que j'avais avec Catherine a NY s'est vu confirme en maintes occasions et j'en arrive a la conclusion fort banale que les Americains sont de grands enfants qui n'ont jamais vraiment grandi et sont restes au stade du principe de plaisir : des gamins qui aiment quand les verres sont bien pleins, quand les assiettes debordent, quand le glacage sur le gateau est bien flashy ; qui vous font des sourires jusqu'aux dents, s'interessent a ce que vous faites des le premier abord, s'excusent quand c'est VOUS qui les bousculez... Tout cela est tres beau, assurement, mais leurs sodas ont gout de chewing gum, leurs cuisine est tout sauf fine et ne rassasie pas, achaque glacage recouvre la meme genoise fourree a la meme creme ; le sourire jusqu'au dent montre qu'il y a comme un detartrage a faire, le premier abord est aussi souvent le dernier, les klaxons retentissent des que le feu passe au vert... Apparences... Apparences... Et derriere la belle apparence, meme pas un tuc moche, plutot rien du tout, en fait, rien qu'une sorte de candeur naive et juvenile de gamins qui quand ils s'ennuient vont faire la guerre en Irak puisque jouer aux cartes, c'est pour les pauvres.

Comme je suis un gros intello, hier, j'ai achete "American Patoral", considere, a juste titre si j'en crois ce que j'en ai deja lu, comme LE chef d'oeuvre de Philip Roth (mais si, ce tres grand ecrivain americain qui un de ces jours recevra le Nobel). Le premier chapitre est un souvenir d'enfance. Le narrateur evoque un garcon du quartier admire de tous tant il etait beau, grand et fort, exercant une veritable fascination pour tous les autres enfants puis ados du quartier, portant avec lui comme une aura et un mystere. Bref, un etre exceptionnel (moi, quoi) que tout le monde regarde et admire sans en savoir plus, et auquel le narrateur n'a jamais eu l'occasion de parler dans son enfance alors qu'il crevait de savoir qui etait, au fond de lui, ce garcon. Bien des annees plus tard, occasion lui est enfin donne de faire sa connaissance et de percer le mystere, de savoir ce que renferme la parfaite enveloppe de Swede Levov, puisque c'est son nom. Apres un diner assommant qui revele la totale vacuite de l'individu, son caractere absolument ininteressant, le narrateur en vient a la conclusion suivante : "There's nothing here but what you're looking at. He's all about being looked at. He always was. He is not faking his virginity. You're craving depths that don't exist. This guy is the embodiment of nothing."